dimanche 13 avril 2014

KALÉIDOSCOPE










KALEIDOSCOPE
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L’EAU ET LA LUMIÈRE
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Sur la branche d’un eucalyptus
Une tourterelle a fait son nid
Roucoule doucement
L’âne sautille
Ses pieds sont entravés
Il brait
Sur le mur d’en face
Le bougainvillier flambe magnifique
Le vent est chaud





L’eau de la rivière est fraîche
Ne pas bouger
Ton corps ondule comme une algue
Lentement
Les palmes cliquètent
Odeurs de coprah
Deux loris comme flêches
Les vagues brisent au récif
Longs yodlis dans le lointain





D’un léger mouvement des hanches
Tu creuses dans le sable un nid pour ton dos
Tiédeur                                                                   
Un cône quelque part craque de toutes ses écailles
Sec
Le vol d’un geai
Les reflets du soleil sur l’océan
Scintillements par milliers
Odeurs d’absinthe






Entendez-vous jouer les khènes ?
Sonner les tambours ?
Bûcher
Orné de voiles couleur d’orange
Cordons de soie ou de coton
Fleurs de lotus
Pas un pleur pas un cri
Aspersions et chants
Fumées d’encens







Un baobab
Tous les samedis la ronde
Tambourins
Chants
La danse la danse
Tourne la ronde
Tournera toute la nuit
Hypnose
Seigneur Seigneur nous te prions





Entrée dans la baie
Double sillage qui s’élargit
Argent et or
Montagnes vertes
Les moteurs ronronnent
Ben Hur sur son char
Entrée dans la gloire
Sans secousse
Et le visage dans le vent





Rivière salée
Tout un réseau de canaux
Buissons de palétuviers dans le lagon
Nervures d’une feuille
Labyrinthe
Et toutes les nuances des bleus
Des verts
Du blanc qui mousse au récif
Je suis ici pour longtemps




Massif de corail
Jardin fleuri
Étoiles
Lampions et néons
Rouges verts et bleus
Chaos et Corolles 
Voiles et rideaux
Danseuses
Papillons







Tout un fleuve
Un fleuve de jacinthes
Bleu et violet
Pelouse
On marcherait dessus
De l’autre côté, c’est un autre pays
Pirogues
Arbres étranges
Batteries militaires





Après le virage du sentier
La chaîne des montagnes t’est donnée
Tout entière
Enneigée
Tu devras la traverser
Tant de splendeur !





Entre deux mornes verts
Tu traverses la forêt
Murmure du ruisseau
Le sifflet d’un oiseau
Tout à coup
L’Océan !
L’Océan tout bleu
Vertical
Il remplit tout l’espace





Corneille sur le réverbère
Marée humaine immobile au feu rouge
Rickshaw
Souffle de l’esprit
Et puis la merveille
Les cerisiers sont tous en fleurs !
Soleil
Madame Chrysanthème
Essaie un kimono


Lumière !


Strélitzias
Aussi nommés oiseaux du paradis
Bleus parfois
Ou blancs
Le plus souvent jaune orangé
Acérés
Fleurs
Flammes

Le volcan explose dans la nuit

14 avril 2014


Tous droits réservés-Michel Savatier






lundi 3 décembre 2007

LE BUISSON D'ÉPINES

Je vous écris d’un siècle lointain
D’une autre planète
Mon langage sûrement n’est pas le vôtre
Ni les voix
Ni les mots
Ni les codes
Et je pense aux peuples évanouis
Dont nul ne comprend ce qu’ils ont écrit

Pourtant j’ai marché sur la piste
Et je marcherai
Sentes fangeuses
Caillouteuses
Le temps d’un soupir

Et je dirai le buisson
Le buisson des pèlerins
Épineux
Sec
J’ai noué à sa branche un brin de laine
Rouge
J’ai accompli le rite
Dont les raisons se sont perdues

Les vents se sont étouffés
Pendent mille brins
Bandelettes et rubans
Inertes


Depuis des temps très lointains
Et venus de pays inconnus
Tous les pèlerins ont ici accompli le rite
Le buisson d’épines semble un fantôme
Un épouvantail à moineaux
Mais il n’y a pas de moineaux ici
Et quand se lève le vent
C’est en vain que le buisson agite ses guenilles

Commémoration ?
Prière ?
J’ai attaché un brin de laine rouge
Que décolorera le temps longtemps

Sentes fangeuses
Caillouteuses
J’ai marché sur la piste
Et je marcherai
Le temps d’un soupir

J’ai posé ma pierre
Sur le cairn au bord du chemin
J’ai accompli le rite
Comme tout pèlerin qui passe ici
J’aurai posé une pierre sur une autre
Prière
Ou bien commémoration
Marque d’un code perdu ?





Croix sur un treillis de grillage
Deux brindilles en croix
Prières ou mémorials ?
Milliers de croix toutes petites
Les rites sont accomplis





Ô vous pour qui j’écris cette lettre
D’un siècle lointain
Et d’une autre planète
Le vent aura depuis longtemps arraché le buisson d’épines
Le cairn aura disparu sans aucun doute
Et les brindilles des croix
Je suis passé là
Pèlerin d’un siècle oublié

28.12.07

mardi 30 octobre 2007

lundi 3 septembre 2007

HORS-TAXES

C’est à Dahran
Bahrein
Ou bien Abou Dhabi
Des lampadaires éclairent la nuit
C’est dans le désert
Les autoroutes filent
Rectilignes
Des torchères flambent
Des pontons
Des navires
Des feux clignottants
Blancs
Verts
Rouges
Et puis un tapis de lumières
Là où se devine la ville


Atterrissage en douceur
Dunes à droites
Dunes à gauche


-”Mesdames et Messieurs les passagers sont priés d’enfermer dans les coffres à bagages les magazines qui sont en leur possession et les bouteilles de boissons alcoolisées ...”


Ma voisine ajuste le voile qu’elle a sorti de son sac :
Elle descend ici


-” Quarante cinq minutes d’escale”


Bancs de bois
Limonades
Pas une présence féminine
Mais la boutique hors-taxes !
Torrents de rubis de saphirs de diamants d’émeraudes
Il y a même des voitures de sport et des limousines...
11.02.07

LA VIE

La Vie
Vagues lentes longues
Haleine profonde
Mais qui donc ici respire paisiblement ?


Un oiseau blanc flotte
Montant descendant
Au rythme de l’océan


Tout à coup
L’eau se met à bouillir
L’oiseau s’envole


Étincelles ardentes par milliers
Le fretin saute
Frénétiquement


Venus d’on ne sait où
Les oiseaux plongent
Par centaines en criant


Les thons chassent en bancs
Passent leurs grandes ombres bleues
L’océan bouillonne plus encore


Viennent d’autres ombres plus sombres
Et ce sont les thons qui sautent
Haut et virevoltant
Les poissons-volants se dressant
Fuient à la godille
éperduement
zigzaguant dans tous les sens


C’est la vie qui se manifeste ainsi
De la mort jaillit la vie
Et la vie ne se maintient que par la mort
Puis en un clin d’oeil le ciel et l’océan se vident
5.02.07

LES BONZES

Bonzes bonzillons
Robes couleur d’orange
Vont en file lente
Un vase entre les mains
Crâne nu
Une épaule aussi
Les pieds nus dans des sandales




Certains sont des enfants
D’autres des vieillards
Chaque matin ils passent en file lente
Les femmes les attendent
L’une offre du riz
L’autre des fruits
Les bonzes saluent et remercient




Chaque matin ils passent
En file lente
Puis ils retournent à la Pagode
Sont-ils si différents
Ou bien c’est seulement la couleur qui change ?




3.02.07